La couche d'ozone

environnement

La couche d'ozone est l'un des rares dossiers environnementaux mondiaux où l'action collective a fonctionné. Son histoire mérite d'être connue, y compris pour ce qu'elle enseigne sur les autres.

Ce qu'est l'ozone

L'ozone est un gaz dont la molécule est composée de trois atomes d'oxygène. La couche d'ozone, ou ozonosphère, est une concentration relativement forte d'ozone dans la stratosphère, entre une quinzaine et une trentaine de kilomètres d'altitude.

À cette altitude, elle filtre les rayons ultraviolets du soleil, très nocifs pour les organismes vivants. Sans elle, la vie telle qu'elle existe à la surface des continents ne serait pas possible.

Une distinction importante : l'ozone stratosphérique protège ; l'ozone présent au niveau du sol, formé par la pollution photochimique en été, est un polluant irritant pour les voies respiratoires. Le même gaz, à deux altitudes, joue deux rôles opposés.

Le trou dans la couche d'ozone

À partir des années 1970, des travaux montrent que certains gaz industriels — les chlorofluorocarbures, ou CFC — utilisés comme fluides frigorigènes, gaz propulseurs d'aérosols et agents d'expansion des mousses, détruisent l'ozone stratosphérique.

Le mécanisme est indirect et redoutable : très stables, ces molécules atteignent la stratosphère intactes, où le rayonnement solaire libère leurs atomes de chlore. Un seul atome de chlore détruit ensuite des dizaines de milliers de molécules d'ozone avant d'être neutralisé.

La découverte, en 1985, d'un amincissement massif au-dessus de l'Antarctique — le fameux trou — donne au problème une visibilité mondiale. Il se forme chaque printemps austral, les conditions particulières du vortex polaire accélérant la réaction.

Le protocole de Montréal

Adopté en 1987, il organise l'élimination progressive des substances appauvrissant la couche d'ozone. Il est ratifié par la totalité des États membres des Nations unies — le seul traité environnemental à avoir atteint l'universalité.

Ses résultats sont mesurables : la concentration atmosphérique des substances concernées diminue, et les évaluations scientifiques périodiques projettent un retour aux niveaux antérieurs vers le milieu du siècle, plus tard au-dessus de l'Antarctique.

Un amendement adopté à Kigali en 2016 a étendu le dispositif aux hydrofluorocarbures, qui avaient remplacé les CFC : inoffensifs pour l'ozone, ils se sont révélés de très puissants gaz à effet de serre. C'est un exemple utile de la manière dont une solution crée parfois un problème voisin.

Ce que ce succès enseigne

Trois conditions ont été réunies, et elles manquent souvent ailleurs.

Un lien de cause à effet clairement établi et rapidement accepté.

Un nombre limité de substances, produites par un petit nombre d'industriels, pour lesquelles des solutions de remplacement existaient à un coût supportable.

Et un mécanisme de financement pour aider les pays en développement à substituer, sans lequel l'accord n'aurait pas été universel.

Ne pas confondre avec le changement climatique

La confusion est fréquente et vaut d'être levée : ce sont deux phénomènes distincts.

La couche d'ozone concerne le filtrage des ultraviolets, et sa dégradation est due à des gaz chlorés et bromés.

Le changement climatique concerne le bilan énergétique de la planète, et il est dû à l'accumulation de gaz à effet de serre — dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d'azote.

Les deux dossiers se recoupent — plusieurs substances jouent sur les deux tableaux — mais le trou dans la couche d'ozone ne réchauffe pas la planète, et la réduction des émissions de carbone ne répare pas la couche d'ozone.

Où en est la préoccupation environnementale

mobilité propre

Les enquêtes d'opinion montrent une évolution nette : les conséquences du changement climatique sont devenues la première préoccupation environnementale des Français, devant la pollution de l'air et celle de l'eau, qui occupaient auparavant la tête.

Les mêmes enquêtes montrent que si l'effet de serre est une réalité scientifique admise par une large majorité, des flous importants persistent sur ses causes comme sur ses conséquences.

Chacun peut influer sur ses propres émissions par son comportement et par quelques gestes simples — se déplacer autrement, isoler son logement, réduire les achats les plus émetteurs. Ces gestes ne dispensent pas des décisions collectives, mais ils ne sont pas non plus négligeables : les usages domestiques et la mobilité des ménages représentent une part importante des émissions nationales.

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